Deuxième partie

Introduction

Définition du jeu

Dans cette capsule vidéo nous vous présentons différentes définitions du jeu chez l’enfant.

Le jeu n’a pas d’autre sens que le jeu lui-même. (Les jeux et les hommes de Gallimard)
5 caractéristiques du jeu selon Patrick Bateson 2014

1. Le comportement de jeu est spontané et offre une récompense à l’individu ; le comportement est motivé intrinsèquement et la performance est un objectif en soi «Jouer est amusant».

2. Le joueur est d’une certaine façon protégé des conséquences habituelles des comportements sérieux. Le comportement de jeu ne semble pas avoir un but ou un bénéfice immédiat. Les formes sociales des comportements de jeu peuvent être précédées ou accompagnées de signaux spécifiques ou d’expressions faciales qui indiquent que ce comportement n’est pas sérieux. Le jeu est l’antithèse du travail ou du comportement sérieux.

3. Le comportement de jeu est une action, ou pour les humains des pensées exprimées avec de nouvelles combinaisons. Les formes sociales des comportements de jeu peuvent être associées de changements temporaires dans les rôles sociaux, comme le renversement ou un individu dominant devient temporairement subordonné dans le jeu et vice versa. «Le jeu est un générateur de nouveauté».

4. Dans le jeu les actions et les pensées des individus sont répétées (toutefois ceci ne ressemble pas, par exemple, aux stéréotypies de l’animal en cage). Elles peuvent également être incomplètes ou exagérées par rapport à un comportement habituel chez l’adulte « Pour l’observateur le jeu a l’air différent».

5. Le comportement de jeu est lié à l’état de santé et se produit uniquement quand l’individu est en santé et ne subit pas de stress trop important « Le jeu est un indicateur du bien-être»

Traduit et adapté de Bateson (2014). Play, Playfulness, Creativity and Innovation, Animal Behavior and Cognition 2014, 1(2):99-112

 

Le tableau suivant présente les définitions de plusieurs chercheurs/instances qui ont travaillé sur le jeu :

AUTEUR(S) DÉFINITION(S)
Francine Ferland une attitude subjective où le plaisir, curiosité, sens de l’humour et spontanéité se côtoient, ce qui se traduit par une conduite choisie librement et pour laquelle aucun rendement spécifique n’est attendu
Smith et Pellegrini, 2009 une activité pratiquée par simple plaisir, caractérisée par l’emphase mise sur les moyens plutôt que sur la fin, la flexibilité et l’affect positif
Dictionnaire du vocabulaire de l’éducation Activité physique ou mentale purement gratuite, généralement fondée sur la convention et la fiction, qui n’a dans la conscience de celui qui s’y livre, d’autres fins qu’elle-même, d’autres buts que le plaisir qu’elle procure. »
Blodgett, 1929 Le comportement ludique est un comportement exploratoire, facteur de construction de la connaissance. Le jeu peut donc être défini comme une activité ludique reposant sur un jouet technique, et qui permet soit l’acquisition de connaissances (jeu didactique), soit l’acquisition d’une disposition utile à l’existence (jeu éducatif)
J. Château Le jeu est « une action libre, sentie comme fictive, située hors de la vie courante, dépourvue d’intérêt matériel et d’utilité, bien délimitée dans le temps et dans l’espace, se déroulant sous certaines règles et suscitant des relations de groupe qui accentuent leur étrangeté vis-à-vis du monde habituel. »
J. Huizinga « Le jeu est une activité volontaire accomplie dans certaines limites fixées de temps et de lieu, suivant une règle librement consentie mais complètement impérieuse, pourvue d’une fin en soi, accompagnée d’un sentiment de tension ou de joie et d’une conscience d’être autrement que dans la vie courante. »
Moyles, 2010 « Le jeu, le vrai jeu est contrôlé par l’enfant. Il est initié et dirigé par les enfants puis soutenu et développé par ces derniers pour atteindre leurs propres buts » Elle définit le jeu comme faisant appel à la créativité, à l’imaginaire et qui n’a pas de fin prévisible.
Dictionnaire Larousse Activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir : Participer à un jeu.
Activité de loisir soumise à des règles conventionnelles, comportant gagnant(s) et perdant(s) et où interviennent, de façon variable, les qualités physiques ou intellectuelles, l’adresse, l’habileté et le hasard :Jeu d’adresse. Jeu télévisé. Jeux d’argent. Jeux de cartes. Tricher au jeu.
J.M. Baldwin « Activité autotélique s’opposant au travail, où la fin est extérieure à l’activité »
K. Groos « Activité autotélique mais préparant l’enfant au travail de l’homme »
P. Janet « Activité inférieure, non adaptée au réel comme l’est le travail »
St. Hall « Activité consistant dans la reproduction d’actions actuellement inutiles, mais qui, dans le passé de l’histoire de l’humanité, ont été des travaux. »
Henri Wallon, 1941 « Le jeu de l’enfant normal ressemble à une exploration jubilante ou passionnée qui tend à faire l’épreuve de la fonction dans toutes ses possibilités. » « Ne sait pas jouer qui veut, ni quand il veut. »

 

LECTURE COMPLEMENTAIRE :

Brougère, « Le jouet, objet extrême »

Définitions du jeu par les enfants

Nous avons demandé à des enfants d’une classe maternelle, donc des enfants âgés entre 5 et 6 ans, de nous parler de leur jeu. Les différentes questions qui leur étaient posées étaient les suivantes :

C’est quoi « jouer » ? À quoi préfères-tu jouer ? Où préfères-tu jouer ? Avec qui aimes-tu le plus jouer ?

Voici un aperçu de leurs définitions de ce qu’est le jeu pour eux.

Les jeux des enfants ne sont pas des jeux, et il faut juger en eux comme leurs plus sérieuses actions. (Michel de Montaigne)

Taxonomie du jeu

Dans cette capsule nous vous présentons plusieurs taxonomies du jeu, c’est-à-dire différentes classifications des types de jeu selon les auteurs. Les taxonomies proposées par les auteurs peuvent varier en fonction des critères de classification utilisés (le nombre de joueurs, l’implication physique, le stade de développement de l’enfant,…). Nous vous exposons ici les taxonomies qui nous semblent les plus pertinentes afin de mieux cerner les différents types de jeu en petite enfance.

 

LECTURE OBLIGATOIRE :

Taxonomie

Activités ludiques turbulentes

La peur des accidents et des comportements inappropriés font que les activités ludiques turbulentes sont souvent restreintes par les adultes. Par l’expression « activités ludiques turbulentes », on parle de se pourchasser, sauter, dégringoler, se chamailler, se bousculer amicalement, se rouler sur le sol, … La capsule suivante explique cependant l’intérêt de ces activités pour l’enfant.

 

LECTURE OBLIGATORIE :

Le jeu combatif, un antidote aux comportements agressifs

Jeu de faire semblant

Dans cette capsule vidéo nous examinons plus en profondeur le jeu de faire semblant, type du jeu facilement reconnaissable et le plus étudié dans la littérature scientifique sur le jeu de l’enfant.

Jouer à être pour exister un peu. (Samuel Beckett)

LECTURE OBLIGATOIRE :

Adaptation de « The Impact of Pretend Play on Children’s Development: A Review of The Evidence. »

 

Les types de jeux

Attention, pour visionner l’ensemble des séquences vidéo qui vous sont présentées, vous pouvez cliquer sur l’icône de liste de lectureimage: https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/Gscdepot/mooc002/interface/youtube.svg

icone menu Youtube en haut à gauche de chacune des boîtes pour accéder à la liste des capsules proposées.

 

Dans les prochaines vidéos nous vous proposons de regarder des enfants jouer en fonction des différents types de jeu. Nous allons donc utiliser la classification du Conseil Canadien sur l’Apprentissage (présentée dans la capsule vidéo «Taxonomie») pour mieux illustrer ces types de jeu.

 

Dans les 3 prochaines vidéos nous vous proposons des exemples de types de jeu social selon les définitions de Parten (1932), soit le jeu solitaire, le jeu parallèle et le jeu de groupe

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Le jeu est la plus naturelle des activités de l’enfance et une des plus observées. (Hughes, 2003, p. 21)

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